Emmanuel Michel Benner (1873-1965)

Emmanuel-Michel, dit Many Benner (Capri, 1873 – Paris 1965)
Judith décapitant Holopherne
Vers 1890, huile sur toile, Dépôt de l’Etat en 1894, Musée d'Art et d'Histoire.

Judith décapitant Holopherne est une huile sur toile du peintre mulhousien Emmanuel dit Many Benner. Après la fin de la guerre franco-allemande, Emmanuel Benner commence à exposer régulièrement au Salon de Paris, la peinture d'histoire semble l'avoir peu attiré car cette toile est l'une de ses rares réalisations dans le genre.

Elle représente l'épisode biblique de Judith décapitant Holopherne relaté dans l'Ancien Testament. Judith, une jeune veuve juive, décide de se sacrifier pour sauver son peuple après la prise de son village par le général Holopherne, envoyé par le roi de Babylone. Avec l'aide d'une servante, elle pénètre dans le camp ennemi et subjugue le général par sa beauté et son intelligence. La nuit venue, Judith aidée de sa servante décapite Holopherne puis revient victorieuse dans son village désormais libéré.

La jeune veuve juive concentre la quasi-totalité de la lumière du tableau comme éclairée par la lueur jaune orangée de l'arrière-plan.  Elle tend à bout de bras la tête décapitée du général Holopherne, la brandissant comme un trophée dans une posture qui n'est pas sans rappeler celle du héros grec Persée après qu'il eût ôté la vie à la célèbre Gorgone Méduse. La tête d'Holopherne est à la confluence des principales lignes de force du tableau et tous les regards sont tournés vers elle conférant à la composition une grande puissance dramatique. Judith est entourée de deux personnages représentés de dos : une femme qui entoure un enfant avec son bras droit. Et dans la partie droite du tableau, on peut également voir une vieille femme vêtue de noir qui pourrait être la servante.

L’oeuvre présente un puissant jeu chromatique entre ombre et lumière où le peintre exprime toute sa maîtrise de la technique du clair-obscur.

L'on peut voir dans cet épisode biblique, le symbole universel de la Vertu triomphant du mal. Ce mythe peut être ainsi mis en relation avec le siège prussien de la guerre de 1870. Ainsi, on peut imaginer que « Many » Benner cherche à encourager le peuple à la résistance en lui montrant un exemple de victoire sur l'ennemi.

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