Gustave Adolphe Jundt (1830-1884)

Gustave-Adolphe Jundt (Strasbourg, 1830 – Paris, 1884)
La Résistance
Après 1870, huile sur toile, donation de l’artiste en 1879, Musée d'Art et d'Histoire.

La France et la Prusse s’opposent du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, date à laquelle l’Allemagne, dirigée par Guillaume 1er, gagne le conflit et annexe l’Alsace-Lorraine. C’est la chute de l’Empire français et l’abdication de Napoléon III. L’artiste Gustave Adolphe Jundt n’est pas indifférent à cette situation, peut-être en raison de ses origines alsaciennes, et évoque la guerre franco–prussienne dans son huile La Résistance.

Appartenant au genre de la peinture d’histoire, la figure féminine représentée est une allégorie de la Résistance française face à l’ennemi. Au XIXe siècle, ce type de production occupe une place fondamentale, dans la volonté politique d’en faire un instrument de cohésion nationale. Gustave Adolphe Jundt, tout comme Jean-Léon Gérôme ou Jean-Paul Laurens, explorent des pistes en humanisant ces peintures.

Dans La Résistance, le fait que ce personnage soit doté d’un costume traditionnel alsacien suscite un sentiment d’identité collective, d’appartenance régionale, auquel le public peut véritablement s’identifier. Vêtue d’une coiffe surmontée d'une cocarde tricolore en guise d'attachement à la France, la jeune femme tient dans ses mains jointes un fusil Chassepot équipé de sa baïonnette, armement couramment utilisé durant la guerre de 1870. Bravement dressée et le regard fier, cette femme incarne le refus de l’Alsace de se résigner à son destin. On peut supposer que cette femme symbolise une France sur le qui-vive, prête à résister à l’annexion de l’Alsace-Lorraine. 

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