Du Moyen Âge à Vauban

Histoire de la Citadelle

La première implantation de la ville, à la Préhistoire, se trouve sur la colline de la Roche.

En 1226 apparaît la 1ère mention d'un château qui change d'apparence à partir des grands travaux qui seront entrepris au cours du XVIe siècle.

Les travaux de Vauban  

Le site est transformé en forteresse à partir de 1640, sous le règne de Louis XIII, puis dans des proportions beaucoup plus larges par les travaux de Vauban qui débutent en 1687 et prennent fin en 1703 (1705 pour les derniers aménagements). Ces travaux se concentrent pour la plus grande partie sur la Vieille Ville dont le système défensif est totalement repensé et modernisé.

Avec cette transformation, la ville de Belfort, qui compte auparavant environ 3000 habitants, devient une ville de garnison qui compte 5000 soldats. Vauban organise le complexe défensif autour d’un pentagone fortifié comprenant quatre ouvertures. Deux sont destinées à la circulation (la Porte de France et la Porte de Brisach) et deux autres pour le canal régulant le cours de la Savoureuse, la rivière qui traverse Belfort.

Vauban conçoit ses citadelles à proximité les unes des autres : en cas d’attaque, une autre peut lui porter secours. Belfort se situe non loin de Breisach am Rhein (Allemagne) où stationne à ce moment-là l'armée de secours de Belfort. Le patrimoine fortifié de Belfort est bien conservé puisqu’environ 75% des fortifications sont toujours debout, ce qui en fait une sorte d’exception si l’on pense à toutes les villes qui, aux XIXe et XXe siècles, ont abattu leurs remparts pour gagner de l’espace. Les trois tours bastionnées (tour 27, tour 41 et tour 46) sont conservées. Seule la partie ouest a été détruite, pour s’ouvrir sur la porte de France et l’ancienne voie royale qui mène à Paris.

Les fortifications de Belfort représentent admirablement le « deuxième système » de Vauban, conçu à Besançon et standardisé ici. En effet, en arrivant en Franche-Comté, après ses expériences en plaine ou dans les montagnes, Vauban fait face ici à une combinaison des deux. Les villes sont situées en fond de vallée et les collines sont proches les unes des autres.

Par conséquent, il met au point le principe des tours bastionnées. Assez ramassées, elles comportent deux étages de feu, le premier au rez-de-chaussée pour un tir rapproché et le second au premier étage pour un engagement plus éloigné. À l’avant, la contre-garde est conçue pour apporter une protection supplémentaire.

Ce concept standardisé est utilisé ensuite à de nombreuses reprises avant la conception du « troisième système » visible uniquement à Neuf-Brisach. L’objectif consiste à freiner le plus possible la progression de l’ennemi pour l’affaiblir : perte d’hommes, de matériel, de temps et de nourriture, en attendant l’arrivée de l’armée de secours dépêchée par la place forte la plus proche. Selon Vauban, une ville assiégée doit tomber dans les quarante jours, sinon le siège est inutile.  

Modification du Général Haxo  

À la fin du 1er Empire, la ville connaît sa dernière grande période de fortification avec l’intervention de l’ingénieur et Général Benoît Haxo (1774-1838) qui densifie le système défensif au niveau de la Citadelle. Haxo fortifie aussi les deux collines qui se font face, celle de la Miotte et celle de la Justice : l’objectif est de barrer la route royale d’Alsace.

L’espace compris entre ces deux forts jusqu’à la ville et la Citadelle porte le nom de « camp retranché de Belfort » et est conçu pour accueillir 15 000 hommes en garnison. À l’heure actuelle, la Citadelle comprend quatre enceintes fortifiées dont trois à l’air libre.

Modernisation

La première enceinte extérieure, celle du château du Moyen Âge, est modernisée lors des travaux menés durant la Guerre de Trente Ans vers 1640. L'enceinte intérieure du Moyen Âge est couverte du fait de sa vétusté en 1749 : c’est le Grand Souterrain, la plus ancienne enceinte qui subsiste sur le site.    

Naissance du Musée d'Histoire

L’ensemble de la Citadelle s’étend aujourd’hui sur 14 hectares. Ce patrimoine, longtemps aux mains de l’armée, n’appartient à la ville de Belfort que depuis 1962. Le Musée d'Histoire a été créé dans la Citadelle en 1968 par des vétérans du premier conflit mondial, grâce à la donation exceptionnelle effectuée à la même période par Pierre Boigeol, érudit, collectionneur passionné d'histoire militaire locale.

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